Un avenir bien sombre....

Publié le par FT

Un avenir bien sombre

 

Peut-on tout mettre sur le compte du réchauffement climatique ? En tout cas l’ enquête qui vient de sortir concernant la gente ailée a de quoi faire réfléchir. L’ observatoire Stoc pour le Suivi Temporel des Oiseaux Communs dont les 20 ans viennent d’ être célébrés a fait ce constat alarmant. Notre pays a perdu pas moins de 10 %  de sa population d’ oiseaux nicheurs, ceux qui construisent des nids pour se reproduire. Ce déclin est constaté depuis ces 20 dernières années. Le constat  qui touche quasiment toutes les espèces est parfois alarmant en ce qui concerne plusieurs espèces. La linotte mélodieuse par exemple a vu sa population chuter de 71 % entre 1989 et 2008. En cause ses ressources alimentaires qui se raréfient. C’ est à peu près le même taux pour le pipit farlouse. Le tarier des prés a reculé de 76 %, le gobe mouche gris de 57 %. Les rapaces ne sont pas non plus épargnés comme le Milan royal avec  des populations en baisse de 32 %. Et encore nous ne parlons pas de ce gentil moineau, le piaf plus communément appelé qui mendie sa pitance dans nos villes au point qu’ à Londres il a reculé de 80 % !. Plusieurs raisons expliquent ces reculs. Les territoires fragmentés, l’ urbanisation grandissante, le réseau routier et autoroutier en constante progression, l’ évolution de l’ agriculture, des lieux de nidification qui se raréfient, l’ urbanisation pas toujours contrôlée,  l’ emploi encore massif des pesticides sont les principales causes de ces disparitions. Mais comme le confirmerait surement Yann Arthus Bertrand après le grand succès de Home dont les ventes explosent dans les magasins comme à la FNAC avec des ruptures de stocks sur Lyon par exemple , le réchauffement climatique désordonne également les écosystèmes comme dans notre pays. On découvre ainsi que les espèces septentrionales sont plus en déclin que les autres. La migration de certains oiseaux ne suit pas l’ avancée du réchauffement climatique. Certaines espèces auraient un retard de près de 100 km dans leur progression vers le nord d’ après les observateurs scientifiques du Muséum d’ Histoire naturelle. Tout cela va poser de graves bouleversements pour de nombreuses espèces au point de vue des cohabitations. Il y a déjà pas mal de temps que l’ on constate que les cigognes par exemple quittent de moins en moins notre territoire l’ hiver et que sinon elles sont de plus en précoces à revenir. Les fauvettes à tête noire ont tendance à changer de secteurs de  migration, se dirigeant par exemple de l’ est de l’ Europe vers l’ Angleterre. Les hirondelles aussi disparaissent du paysage. Les zones très urbanisées ont un impact plus important sur ces régressions, au contraire des zones de campagnes ou des zones de populations moins conséquentes.


Si certaines espèces reculent comme on l’ a vu,  d’ autres au contraire progressent ou voient leurs effectifs se maintenir. La tourterelle turque par exemple qui est arrivée dans les années 70 en France continue sa progression. On la trouvera bien présente partout dans un proche avenir. Le merle noir malgré qu’ il subit la dangerosité de la circulation se maintient. Les mésanges résistent aussi et l’ aide des hommes par la pose de nichoirs n’ y est pas étranger. Elle subit ainsi moins de risques qu’ en milieux forestiers. Les rouge queues aussi qui remontent du Sahara (où l’ impact est important sur les effectifs en raison des sécheresses rencontrées)  pour couver chez nous  les apprécient aussi .A ce sujet certains arrivent à passer désormais l’ hiver dans nos contrées dans le sud sur le pourtour méditerranéen. On a même constaté qu' en novembre il n' est pas rare d' en rencontrer en banlieue lyonnaise alors que depuis fin septembre il ne devrait plus être vu. Ceci montre bien le bouleversement dans les migrations et les adaptations des oiseaux.


On peut s’ inquiéter de toutes ces conséquences où l’ homme a sa part de responsabilité c’e st indéniable. Quelle sera la situation en 2050 ? Sûrement hélas plus dramatique à tout point de vue, si l’ on en croit par exemple les scientifiques du GIEC (Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat ) . Si le réchauffement entamé continue à rester modéré on estime que d’ ici ces 40 prochaines années le climat de la région lyonnaise qui est encore de type continental NE deviendra un climat aquitain. Le Jura retrouverait quant à lui le climat actuel de plaine, ce qui sous entend une forte raréfaction de la neige sous 1200 m. Et à l’ horizon 2100 on n’ en parle pas ! si des mesures drastiques de réductions des gaz à effet de serre ne sont pas assez fortes sur tout le globe. Dans le cas d’une fourchette haute de l’ augmentation de la température, toutes les régions situées au sud de la Loire auront un climat méditerranéen , ce qui sous entend des fortes chaleurs plus fréquentes et moins supportables dans les zones non tempérées par la mer sans compter des périodes de sécheresse accrues probablement en Méditerranée ou dans le SO. Rien de réjouissant donc et comme je le mettais plus haut  un avenir qui s’ annonce probablement bien sombre à la fois pour l’ homme et la faune sauvage comme marine.


Enfin terminons sur une note plus agréable, celle des prévisions météo quasi splendides pour les 2 prochains jours. En effet ce week end s’ annonce bien plus radieux que le précédent où les orages avaient été omniprésents mais attention ils pourraient revenir avant lundi matin !  Allez bon vent à tous !.

 

 

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Publié dans L' édito du vendredi

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